A mon sens WSL est une initiative intéressante de Microsoft pour s'ouvrir au monde des Linux et Unix. Ceci dit, il ne faut pas se leurrer sur le sens du mot "ouverture". Microsoft est une entreprise à but lucratif, ce mouvement n'est donc pas fortuit. Il s'inscrit, il me semble, essentiellement dans le cadre d'administration à distance. Les autres usages sont plus marginaux et le but n'est probablement pas de gagner des partisans pour des OS concurrents, sauf à croire au Père Noël

Microsoft dispose d'outils très puissants, comme le Powershell par exemple, largement capables de rivaliser avec tous les interpréteurs de commande. Ce qui lui échappe, ce sont les serveurs Unix/Linux. Il est donc intéressant de pouvoir y poser le bout d'une patte, mais pas de faire constater comme l'herbe est plus verte ailleurs, faut pas déconner

Et puis prenons garde au M$-bashing facile qui nous rendrait moins perspicaces et réactifs. Analysons les forces et faiblesses et avançons en ordre. La communauté est puissante, mais elle doit décoller des 2% de parts de marché (voire moins) si on veut obtenir un peu de considération des constructeurs et des développeurs, et ce n'est pas avec une attitude trop péremptoire que nous gagnerons la confiance des utilisateurs potentiels.
Quand j'entends des admins dire que l'interface graphique ne doit pas être utilisée pour effectuer des tâches d'administration et que ces tâches devraient se contenter de la ligne de commande, ça me fait bondir. Pourquoi ? Pas qu'ils aient tort dans le fond. Justement, ils ont parfaitement raison et c'est terrible qu'ils aient raison. Evidemment que moins il y a de lignes de code entre la saisie et la réalisation concrète, mieux ça vaut en termes de sécurité et fiabilité. Mais c'est se méprendre profondément sur le fonctionnement de l'esprit humain qui est éminemment visuel. Microsoft Windows ne se pose pas ce genre de questions et l'interface graphique est parfaitement intégrée au point que se poser la question de savoir s'il faut passer par une ligne de code absconse ou plutôt par une interface graphique lisible et intuitive ne se pose même pas dans la très grande majorité des cas. Pire ! Sachant qu'une interface graphique a même des vertus pédagogiques puisqu'en un écran on peut montrer l'univers des possibles, y'a clairement pas photo. Un exemple ? "man rsync" vs "grsync". Avec lequel de ces deux outils croyez-vous que Mme Michu va être le plus rapidement opérationnelle pour comprendre à quoi sert l'outil ? pour réaliser effectivement la synchronisation de deux dossiers ? Avez-vous vraiment besoin d'une étude statistique pour vous en convaincre ?
Maintenant on a deux choix. Soit Unix/Linux reste un marché de niche et on enterre l'idée du logiciel libre pour le grand public, soit on est plus ambitieux que çà et on s'en donne les moyens. Ça me sidère, personnellement, que des administrateurs aient pu en venir à perdre à ce point confiance dans l'interface graphique (ou plus exactement ne l'avoir jamais eue). Dès lors que peut-on faire pour remédier en extrême urgence à ce point et assurer qu'une interface graphique propose la même qualité de service qu'une ligne de commande en termes de fiabilité, fluidité et sécurité ? Je rêve de clouer le bec à ces gens qui, aujourd'hui, ont parfaitement raison. Je rêve que mon Linux soit aussi fiable et fluide que Windows pour Mme Michu. Bah ouais, c'est con à dire mais c'est la vérité, pas la peine de se cacher derrière son petit doigt.